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Parmis les notions de base que je trouve indispensables à une bonne pratique et une bonne compréhension des arts de combats et des sports martiaux, le principe de Tsukuri-Kuzushi-Kake est sans doute le plus fondamental car il est à la base même de la réussite de toute technique. Sans le Tsukuri-Kuzushi-Kake, une technique n'est qu'une suite de mouvements sans fondement, sans contexte et sans intérêt.

Malheureusement, cet aspect de la pratique est souvent ignoré, ou alors transmis implicitement sans jamais vraiment être expliqué. C'est ce que je vais tenter de faire ici...

Le Kuzushi, Tsukuri, Kake au Yoseikan Budo

Définitions générale

En furetant sur le net, j’ai trouvé sur le site du Yoseikan Vannetais un extrait de l’interview « Yoseikan Hiroo Mochizuki » - Budo International - N°122 mensuel été 2005 dans lequel Maître Hiroo Mochizuki nous donne sa définition du Tsukuri, Kuzushi, Kake :

Pour moi, le maître mot des arts martiaux, c’est : « stratégie » (« TSUKURI »). A savoir l’art d’utiliser la distance (« ma ») et la tactique appropriées pour piéger l’adversaire en l’amenant là où l’on a décidé de l’amener. S’y ajoute la notion de timing (« hyoshi ») pour prendre l’initiative (« sen ») afin de provoquer le déséquilibre de l’adversaire physiquement et mentalement (« KUZUSHI »). Enfin vient l’exécution technique - « KAKE ». Malheureusement, la plupart des écoles à l’heure actuelle enseignent seulement cette dernière partie, qui est inutile et vide de sens sans les deux autres.

Hiroo Mochizuki

Après de nombreuses recherches et une discussion très interessante sur le forum de Kwoon.info, je vous livre toutefois ma définition personnelle des ces trois termes :

  • Tsukuri : préparation physique et mentale, phase préliminaire à l’exécution de toute technique. On se concentre, on analyse la situation, on règle son Kamae (garde), son Maai (distance) et on cherche à provoquer une réaction chez Uke. Le but est de réduire les possibilités de Uke afin d'anticiper au mieux ses réactions.
  • Kuzushi : déséquilibre, physique, mental ou les deux à la fois ! Suki (détecter les faiblesses/les ouvertures) et Sen ("timing" et initiative), on profite de la réaction de Uke pour se placer correctement, affaiblir sa structure et le déséquilibrer, le mettre dans une position de faiblesse où il pourra difficilement riposter.
  • Kake : exécution de la technique. Une fois Uke en mauvaise posture pour riposter, on exécute la technique proprement dite.

Le Tsukuri

Comme l’indique la définition, le Tsukuri commence avant même la prise de contact. Je dirais même que sans Tsukuri, aucune action ne doit être entreprise ! A moins d’une très forte différence de niveau avec votre adversaire, attaquer sans Tsukuri c'est se jeter directement dans la gueule du lion.

On commence d’abord par se mettre dans de bonnes dispositions, on se concentre, on observe, on se place et surtout on provoque une réaction chez Uke.
Pourquoi est-ce si important ? Pour deux raisons simples : le temps de réaction et les probabilités !

Temps de réaction

Le temps de réaction moyen d’un être humain, entre le moment où il perçoit le mouvement et le moment où il réagit effectivement est de l’ordre de la demi-seconde pour un stimulus pas trop compliqué. Figurez vous qu’il s’agit approximativement du temps nécessaire à envoyer son poing dans la figure de l’autre… Si vous ne savez ni quand ni comment votre adversaire va attaquer, vous vous exposez tout simplement à réagir trop tard. Aussi rapide que vous soyez, vous ne le serez jamais autant qu’un bon bourre-pif…

Comment éviter cela ? Tsukuri ! En provocant votre adversaire, en lui mettant la pression, en entrant dans sa zone de sécurité, vous le forcez à réagir, à attaquer. Mais cette fois, c’est vous qui contrôlez l’instant ! Trois cas de figures :

  1. Il attaque trop tôt (j’entends par là que suite à votre prise d’initiative, il réagit alors que vous n’êtes pas dans sa zone de sécurité) : pas de soucis, à sa première attaque vous êtes encore hors de portée, il doit réajuster, il se retrouve alors en position de faiblesse
  2. Il attaque trop tard : pas de soucis, vous saisissez l’occasion et attaquez le premier
  3. Il attaque pile quand vous entrez dans la distance : pas de soucis, vous vous y attendiez ! Vous êtes donc prêt à contrer son attaque et prendre l’avantage

Bien entendu, il s’agit ici du cas idéal ! En réalité ça ne se passe pas exactement comme ça...
La raison est simple : là, on a le "quand" mais on n’a pas le "comment"… Savoir quand l’adversaire va attaquer c’est bien, mais savoir aussi comment c’est mieux… C’est là qu’entre en jeu les probabilités.

Probabilités

Dans sa définition, je précisais que le Tsukuri servait à régler son Kamae et son Maai. A quoi cela peut-il bien servir ? A réduire au minimum les possibilités de votre adversaire. A moins d’être un maître Jedi, il est impossible de savoir exactement quelle attaque va porter votre adversaire, mais au minimum, on peut l’inciter fortement à attaquer certaines cibles privilégiées et protéger fortement le reste. Soit il attaque la cible prévu et on y gagne un certain avantage puisqu’on s’y attendait, soit il attaque une autre cible qu’on aura pris soin de rendre le moins vulnérable possible et on limite les dégâts. Bien entendu, plus vous lui aurez mis la pression, plus il sera poussé dans ses derniers retranchements et plus votre adversaire sera attiré par la cible facile. La probabilité qu’il attaque là où vous le souhaitez n’est alors plus négligeable, à vous d’en tirer parti. Attention toutefois à ne pas tomber dans l'excès de confiance, une attaque imprévue ou non conventionnelle peut toujours vous surprendre !

En d'autres termes, Tsukuri, c'est prendre l'initiative, faire réagir votre adversaire en gardant un temps d'avance sur lui.

Mais ensuite ? Kuzushi ! (le premier qui répond "à vos souhaits" est éliminé d’office ;-p)

Le Kuzushi

Avec le Tsukuri, on provoque une réaction chez Uke, mais si on en reste là, c’est simple, on s’en prend plein la tronche… à moins d’exécuter le Kuzushi. Puisque le Tsukuri nous donne un ordre d’idée sur quand et comment Uke va attaquer, il s’agit alors de profiter de cette anticipation pour se placer et le déstabiliser le plus pertinemment possible. On n’effectuera pas la même esquive si on s’attend à un coup de poings au corps ou à un coup de pied au visage, cela va de soi…

Le Kuzushi prépare également du mieux possible à l’exécution finale de la technique. Si on compte effectuer une projection, le Kuzushi consistera à déséquilibrer son adversaire, briser sa structure. Si on compte le mettre KO par une frappe, on cherchera plutôt à ouvrir sa garde, se donner un accès facile à une cible sensible, tout en se plaçant à l’abris d’un contre…

Le Kuzushi met donc Uke dans une position périlleuse dont il aura du mal à se sortir. On se trouvera donc dans une situation favorable pour le Kake.

Le Kake

Le Kake est l’exécution finale de la technique. Si le Tsukuri et le Kuzushi sont correctement effectués, le Kake ne pose aucun problème si ce n’est l’exécution correcte de la technique.

Le point important, en fait, est de ne pas perdre le bénéfice de chacun de ses principes en appliquant les autres.

Le point important est de ne pas perdre le bénéfice de chacun de ses principes en appliquant les deux autres.

Je m’explique. Si après le Tsukuri je me place mal, mon Kuzushi sera de mauvaise qualité, voire impossible. Si après le Kuzushi je laisse un temps mort, ou si je perds le contact (lors du projection ou d’une clé), Uke reprendra une position stable et je serai tout simplement revenu à mon point de départ. Et généralement, on a le droit à un beau “mais pourquoi ça marche pas, j’ai pourtant bien fait le mouvement”

Ce n’est donc pas un hasard si on utilise fréquemment l’expression complète Tsukuri-Kuzushi-Kake. L’un va rarement sans les deux autres !

Et ça marche à tous les coups ?

Non.

Tsukuri-Kuzushi-Kake est un principe, pas une formule magique. Vous ne vous assurerez pas une victoire en le criant très fort avant d’attaquer (encore que, ça peut déstabiliser votre adversaire… smile).
Par contre, sans ce principe vos chances sont plutôt maigres…

C’est un principe, mais c’est aussi et avant tout un outil pédagogique pour prendre conscience de l’importance de tout ce qui entoure la technique proprement dite : l’analyse de la situation, la prise d’initiative, le placement…

Pourquoi ne pas utiliser aussi cet outil pour analyser nos techniques ratées, ou celles qui nous posent des problèmes. Ai-je un manque à l’une quelconque des trois phases du Tsukuri, Kuzushi, Kake. Par exemple, Est-ce que mon attaque est trop directe, trop téléphonée (soucis de Tsukuri), est-ce que je ne cherche pas à exécuter ma technique trop vite sans préparer mon adversaire (absence de Kuzushi), où ai-je juste mal compris la technique en elle-même (mauvais Kake) ? Ou peut-être mon Tsukuri, Kuzushi, Kake est-il trop scolaire, réalisé en trois temps au lieu de trois phases ?

Trois principes, trois phases mais pas nécessairement trois temps !

Comme je viens de le dire, Tsukuri-Kuzushi-Kake est un outil pédagogique et pour des raisons de compréhension et d’apprentissage, on l’enseigne généralement en trois temps distincts. Mais ce n’est pas forcément le cas : chacun des trois principes se fond dans les deux autres et il est bien difficile de les séparer de façon nette et précise… Où s’arrête l’un, où commence l’autre ? Je ne pense pas qu’il y ait réellement de réponse.

Mais attention, ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit. Même lorsqu’ils se produisent en même temps, les trois principes sont différents et indispensables tout autant qu’indissociables ! On a donc trois principes, trois phases qui se distinguent par leur concept, leur rôle dans le combat mais qui ne suivent pas forcément un ordre chronologique bien établi. D’ailleurs, ces trois principes sont parfois interprétés de façon différente, c’est justement ce dont je parle dans le chapitre suivant.

Tsukuri, Kuzushi, Kake - selon Laurent Steenis Tsukuri, Kuzushi, Kake - selon Laurent Steenis

Autres approches du Tsukuri, Kuzushi, Kake

Dans le premier chapitre, je vous ai donné l’explication du principe de Tsukuri, Kuzushi, Kake, tel qu’on le perçoit au Yoseikan Budo. Toutefois, il ne s’agit que de mots et comme je l’ai dit d’un outil pédagogique. Il n’est donc pas étonnant qu’on en trouve une signification différente dans d’autres disciplines dont la pratique est différente de celle du Yoseikan Budo.

Je connais au moins deux autres approches du même principe, l’une d’entre-elles correspond certainement à ce que l’on vous a enseigné.

Approche Judo Kodokan

D’après le site http://www.junomichi.org

  • Kuzushi : déséquilibre (première étape dans la construction du mouvement)
  • Tuskuri : adopter une posture adhéquate (deuxième étape dans la construction du mouvement)
  • Kake : projection, action amenant la chute (troisième étape dans la construction du mouvement)

De la même façon, l'ouvrage Judo Kodokan : La Bible du Judo de Maître Jigoro Kano explique :

Après avoir brisé l’équilibre de votre adversaire [kuzushi] pour le projeter [kake] il faut adopter une posture adéquate : tsukuri.

Jigoro Kano

L’une des principales différences avec l’approche Yoseikan Budo est le sens de Tsukuri. Ici ce n’est plus la phase préliminaire, mais le placement après le Kuzushi. Au Judo Kodokan, le déséquilibre du Kuzushi inclue toute la phase de préparation.

Autrement dit, on crée un déséquilibre, on se place correctement et ensuite on projette. Ce point de vue est de toute évidence adapté à la pratique du Judo essentiellement tournée vers les projections.

Il n’est pas illogique de procéder ainsi car Tsukuri a surtout une notion de construction. A chacun de l’interpréter selon sa pratique.

Au Judo Kodokan, Tsukuri sera construire dans le sens de préparer la projection après le déséquilibre.

On en trouve une interprétation légèrement différente, toujours dans le domaine du Judo, mais cette fois du côté de Maître Kawaishi.

Approche Kawaishi

Dans l’ouvrage de Kawaishi Ma Méthode de Judo, on trouve à la page 9 tsukuri=déséquilibre puis à la page 23 Kuzushi, les déséquilibres.

Une remarque intéressante cependant à la page 31: Tsukuri signifie construire. C’est donc la façon de provoquer le déséquilibre, d’amener la projection. Kake veut dire exécuter accomplir, réaliser.

Laissons la parole à ju, sur le forum de kwoon.info :

Dans "Ma méthode de judo" de Kawaishi, les techniques ne sont décomposées que selon tsukuri (déséquilibre) et kake (projection). Il montre également les différents types de kuzushis (déséquilibres) avec des dessins (avant, arrière, latéral droite et gauche. Donc kuzushi et tsukuri sont tous deux traduits par déséquilibre.Mais il semble que le kuzushi soit le déséquilibre du point de vue de uke et le tsukuri, le déséquilibre du point de vue de tori, autrement dit, d’une part, le type de déséquilibre auquel uke est soumis et, d’autre part, la préparation du mouvement pour tori : parce qu’on ne va pas faire le même mouvement selon le type de déséquilibre.

Ju

Le placement du corps semble donc implicitement inclus dans le Tsukuri ou le Kake. Je pencherais plus pour le Kake, car une fois Uke déséquilibré, si on se place bien, il ne reste plus grand chose à faire pour exécuter la technique.

Autres interprétations

Si vous connaissez d’autres interprétations de Tsukuri, Kuzushi, Kake, laissez les en commentaire ! smile

Travailler le Kuzushi, le Tsukuri et le Kake

Pratique sportive

Si l’art-martial que vous pratiquez possède une partie sportive, ou si vous pratiquez un sport de combat, il est fort probable qu’à l’instar de monsieur Jourdain, vous utilisiez le principe de Tsukuri, Kuzushi, Kake sans le savoir !

Vous faîtes une feinte pour que votre adversaire baisse la garde, vous vous décalez en fonction et frappez au visage ? Ne cherchez pas plus loin, c’est exactement de ça que parle ce principe !

Dans un cadre sportif, non complaisant, le Tsukuri, Kuzushi, Kake est presque toujours présent, sans quoi on passe son temps à s’en prendre plein la figure- en sport de contact ou alors on s’épuise sans grand résultat en sport d'opposition.

C’est pour cela que certains sont de bons combattants malgré une technique assez restreinte, alors que d’autres sont des monstres "en technique" incapable d’en placer une en combat… Les premiers ont un excellent Tsukuri, Kuzushi, Kake, les seconds non !

Pour travailler ce principe dans un cadre sportif, vous avez deux possibilités :

  1. Vous contenter des exercices proposés lors de l’entrainement. Si l’enseignant est compétent, il intégrera souvent dans ses cours des exercices dans ce sens. Prise d’initiative, feinte, placement… L’important est de bien faire le lien entre tous ces exercices. Ils ne sont pas totalement indépendants les uns des autres.
  2. Vous fixer un objectif lors des assauts. Par exemple, provoquer un direct du gauche chez votre partenaire par une feinte et réussir à vous placer correctement en réaction… Travailler un thème alors que votre partenaire vous rentre dedans sans se poser de question n’est pas toujours évident, mais quand ça commence à porter ses fruits, les progrès réalisés sont appréciables.

Dans un cadre sportif, ça ne pose donc pas trop de problème pour travailler, par contre, dans beaucoup de pratiques traditionnelles…

Pratique "traditionnelle"

Le gros soucis des pratiques "traditionnelles" où l’on "travaille la technique" (notez les guillemets) c’est que justement, souvent, on ne travaille que la technique, c'est-à-dire le Kake… Les Tsukuri et Kuzushi passent souvent à la trappe.

Ce n’est pas nécessairement la faute à l’enseignant d’ailleurs, mais parfois simplement inhérent à la pratique.

Prenons l’exemple de l’Aikido que j’ai pratiqué quelques années. L’enseignant utilisait toujours de façon implicite le Tsukuri, Kuzushi, Kake. Lorsqu’il démontrait une technique - et c’était particulièrement visible au bokken -, il laissait toujours une ouverture pour que Uke attaque. D’ailleurs, ses assistants n’attaquaient pas tant qu’il restait parfaitement en garde. De la même façon, selon qu’il démontrait une défense sur une attaque Shomen ou Yokomen, au départ il ne se plaçait pas de la même façon et n’ouvrait pas la garde de la même façon. C’est lui qui décidait par son positionnement l’attaque qui allait venir. Le principe était alors préservé.

Malheureusement, lorsque notre tour venait d’essayer la technique, seule la "technique" restait. Toute la préparation disparaissait soudainement, même si l’enseignant prenait soin de nous avertir, de demander à Uke de ne pas attaquer n’importe comment et d’attendre l’ouverture. Mais non, pas moyen, comme si tout le monde s’en foutait. frown

La raison ? L’absence de confrontation, la complaisance

Contrairement aux formes sportives, ici, nul besoin de Tsukuri, Kuzushi, Kake, puisqu’il suffit que le partenaire soit suffisament complaisant pour chuter ou attendre sagement le contre… quitte à rester immobile trois secondes avec le bras tendu après avoir frappé…

Il s’agit là d’une erreur de raisonnement commune chez Uke : puisque l’autre travaille une technique qu’on vient d’apprendre, je le laisse travailler. Erreur ! Justement non, en faisant ça, on l’empêche de travailler !

En étant amorphe, sans aucune idée de confrontation, on n’attaque pas vraiment et Tori ne se défend pas vraiment. Quel besoin alors de se prendre la tête avec un Tsukuri, un Kuzushi et un Kake ! Uke n’est plus un Uke, mais devient un sac de frappe. Fait-on des feintes à un sac de frappe ?

Alors comment éviter ça ?

Peut-être en réduisant au minimum les séquences de travail statique pour favoriser un travail dynamique. Je ne parle pas de transformer l’Aikido en boxe, ce qui n’aurait aucun intérêt, mais simplement de faire en sorte que l’apprentissage de la technique ne se fasse pas de façon totalement amorphe. Le travail statique a son utilité, notamment comprendre la mécanique du mouvement, mais pour tout le reste (placement, timing…) ça n’a aucun intérêt. Inutile d’insister plus que de raison sur cette forme de travail.

Exemples de travail simple : Sur un atemi, au lieu d’être dès le départ à distance de frappe et de laisser Uke frapper, commencer l’exercice en étant hors de portée et c’est Tori qui vient chercher la frappe. C’est si simple et pourtant…
Sur un travail de saisie, au lieu de laisser Uke saisir mollement le poignet de Tori, il suffit de placer la technique dans un contexte. Imaginez, Tori joue le rôle d’une victime qui tient une bombe lacrymogène pour tenter de mettre hors de combat son agresseur (Uke). Tout de suite, Uke comprend le rôle, l’intérêt de sa saise (ne pas se faire gazer le visage), et là on travaille ! Le simple placement de la technique dans son contexte incite Uke à réagir, Tori travaille donc son Tsukuri, et par la force des choses Kuzushi et Kake

Et… c’est tout ?

Oui, je n’irai pas plus en profondeur. A chacun de remettre en question - ou pas ! - sa façon de pratiquer, d’effectuer ses propres recherches… Le but de cet article était avant tout d’ouvrir des axes de recherche à ceux qui sont moins avancés que moi - j’espère pour mon ego qu’il y en a au moins quelques uns… - ou à chambouler les esprit des "avancés" qui se sont un peu endormis en chemin…

Quoiqu’il en soit, j’attends vos commentaires avec impatience. smile

Allons à peine plus loin

Toujours sur Kwoon.info, zdr nous donne quelques autres points essentiels pour réussir une technique :

 

  • Kamae (posture d'engagement/position)
  • Hara/Tanden/Ki (centre de gravité, comment mieux le concentrer)
  • Kime (focus/ concentration)
  • Maai (distance d'engagement)
  • Sen ("timing" et initiative)
  • Suki (pouvoir détecter les faiblesses/les ouvertures)

Petit exercice pratique : déterminer dans quel mesure ces points interviennent dans le Tsukuri, le Kuzushi et le Kake (en utilisant l'interprétation de votre choix).

A vos claviers ! wink

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